3. La civilisation des Mèdes
L'onomastique mède du ixe siècle avant J.-C. fait connaître plusieurs noms théophores composés avec mazda (sage) ou chura (seigneur), ce qui indiquerait que les Mèdes pratiquaient la religion « mazdéenne » avec Ahura Mazda comme divinité suprême, dont l'émanation était le feu sacré. Rien dans cette religion ne la met en liaison avec l'Avesta, le livre sacré plus tardif des Perses, ni avec son panthéon. D'après Hérodote, l'une des tribus mèdes, celle des mages, était la seule caste sacerdotale qui servait cette religion naturaliste. Leur enseignement n'était pas celui de la religion zoroastrienne qui ne sera pratiquée, dans toute sa plénitude, que sous les Sassanides en devenant l'Église de l'État.
On sait peu de chose sur la vie sociale des Mèdes dont le fondement était la famille. Ces familles étaient groupées en clans qui formaient des tribus. Le Mède était libre et comme tel il devait se présenter en armes en cas d'hostilités. L'état intellectuel de la société mède nous échappe ; des études récentes semblent établir une influence de la langue mède sur celle, littéraire, des Achéménides. On admet que l'écriture cunéiforme vieux-perse existait déjà chez les Mèdes.
Les Mèdes devaient commercer avec leurs voisins bien avant la constitution de leur État ; le produit de leur élevage, spécialement les chevaux, devait constituer la base des échanges que complétait la fourniture des métaux, du cuivre en particulier, l'une des richesses du Plateau. Le commerce lucratif de transit du lapis-lazuli, pratiqué sur le Plateau depuis des millénaires, était passé entre les mains des Mèdes. Extraite au Badakhshan, en Afghanistan, et cela jusqu'à nos jours, cette pierre semi-précieuse, si recherchée par les artistes orientaux, était amenée par les indigènes jusqu'à la région du Démavend où avaient lieu les tractations avec les commerçants locaux. C'est du fait de ces opérations qui se faisaient au pied de cette montagne que le pic le plus élevé de la chaîne de l'Elbourz prit […]
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