2. L'enseignement vétérinaire
Au xviiie siècle, écuyers et mareschaux se partagent le privilège de la pratique et de la connaissance du cheval, l'animal économique de l'époque pour la traction, la poste et la guerre. Par ailleurs, le cheptel bovin et les bêtes à laine sont périodiquement décimés par d'effroyables épizooties qui ravagent le bétail.
C'est à un avocat, animé de la passion du cheval, proclamé le premier « écuyer » de l'Europe, encyclopédiste, collaborateur de d'Alembert, ami de Malesherbes, de Voltaire, de Diderot, de Turgot, que l'on doit la création à Lyon du premier établissement vétérinaire : Claude Bourgelat (1712-1779), fils d'un échevin de la cité, occupait, dès 1740, la place d'écuyer tenant l'Académie d'équitation de Lyon. Celle-ci avait été fondée en 1645, « pour apprendre aux jeunes gens à monter à cheval et les autres exercices qui en dépendent, au moyen de quoi ils se rendaient capables d'entrer dans le service militaire et d'être toujours utiles à l'État ». Mais Bourgelat voulut « étendre le champ d'activité de l'Académie d'équitation en la dotant d'installations propres à l'étude des sciences, pour y attirer des gens instruits, de préférence chirurgiens ou médecins, et donner ainsi une formation scientifique complète à tous ceux qui se destinent à la médecine des animaux ».
Grâce à la protection de Bertin, contrôleur général des Finances et ancien intendant de la généralité du Lyonnais, le projet de création de l'École vétérinaire de Lyon fut accepté par Louis XV ; le 4 août 1761, un arrêt du Conseil d'État du Roi institua l'École vétérinaire de Lyon, et, le 10 janvier 1762, s'ouvrit la première école vétérinaire au monde, qui devait se voir qualifier de « berceau de l'enseignement vétérinaire ».
Cette école connut un grand succès : les élèves vinrent de toutes les provinces de France et de l'étranger et Louis XV, en 1764, lui conféra le titre d'École royale vétérinaire.
En 1766, un établissement du même type était créé par Bourgelat à Maisons-Al […]
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