2. La doctrine mécaniste
• De la notion de Cosmos à celle d'Univers
Le mécanisme n'est pas né seulement de la volonté de mieux expliquer les phénomènes que l'homme découvre dans son expérience quotidienne sur la Terre ; il est lié assez étroitement aux découvertes qui ont été faites dans le ciel, aux bouleversements qu'a connus l'astronomie. L'un de ses postulats est que la physique céleste est la même que la physique terrestre. Il est aujourd'hui difficile de concevoir tout ce que cette idée pouvait avoir de radicalement neuf, de révolutionnaire. Elle exprime « la substitution à la notion de Cosmos – unité fermée d'un ordre hiérarchique – de celle de l'Univers : ensemble ouvert lié par l'unité de ses lois » (A. Koyré). Est évacuée la représentation de corps célestes immuables et incorruptibles que toutes les cosmologies antiques et médiévales, à quelques rares exceptions près, ont tenue pour une vérité première. Surtout, l'idée d'une hiérarchie des essences est remplacée par celle d'une matière homogène et la conception d'une causalité physique, d'être individuel à être individuel, par celle d'une nécessité rationnelle exprimée dans un système conceptuel de lois. L'astrologie, qui au xvie siècle avait retrouvé un regain de faveur, et la magie naturelle, qui était tenue à la Renaissance pour un savoir positif, ont été totalement disqualifiées dans l'univers mécaniste. Mais une physique construite sur la notion aristotélicienne de causalité ne pouvait pas non plus y avoir cours. Le Cosmos, cette hiérarchie ontologique close, a disparu au moment de la « révolution mécaniste », au profit d'un monde indéfiniment ouvert et régi partout par les mêmes lois.
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