Devenu moine sous le nom de Maxime, ouvert au mouvement de la Renaissance et adversaire du courant « joséphien » de la troisième Rome, Michel Trivolis, né à Arta (Épire), se rendit d'abord en Occident pour s'y former à l'humanisme que les savants byzantins de la génération précédente y avaient développé. Il séjourna à Paris, à Florence, à Venise et à Padoue. Il se convertit sous l'influence de Savonarole, puis entra dans l'ordre de saint Dominique. Mais, bientôt de retour en Grèce, il devient moine à l'Athos sous le nom de Maxime. Il met au service de sa foi ses connaissances d'humaniste et réorganise les bibliothèques athonites. En 1518, il se rend en Russie à la demande du grand-prince Basile III. Il apporte de précieux manuscrits et se consacre à la traduction du psautier et à la révision des livres liturgiques. Des humanistes grecs sont venus à la cour de Moscou avec Sophie Paléologue, mère de Basile. Des savants et des artistes italiens les y rejoignent ; la Russie semble vouloir participer au grand mouvement de la Renaissance.
Mais ce mouvement est inacceptable pour la civilisation russe, figée dans l'isolement et qui procède à sa propre sacralisation par le mythe de […]
