5. Le cinéaste de la maturité
Revenu en France pour le projet d'une adaptation de La Duchesse de Langeais avec Greta Garbo, Max Ophüls y tourne La Ronde (1950), d'après Arthur Schnitzler avec notamment Simone Signoret, Daniel Gélin, Danielle Darrieux. Grâce au succès que rencontre le film, il peut réaliser Le Plaisir (1952), d'après Guy de Maupassant, avec, entre autres, Jean Gabin, Danielle Darrieux, Madeleine Renaud et Jean Servais, et Madame de... (1953), d'après Louise de Vilmorin, avec Danielle Darrieux et Vittorio De Sica, puis, après avoir dirigé deux dramatiques radiophoniques en R.F.A., Lola Montès (1955), d'après Cécil Saint Laurent, avec Martine Carol dans le rôle-titre. Ce dernier film, « cathédrale entre ciel et terre » (François Truffaut), est tourné en couleur et en CinémaScope.
Ces quatre films, qui bénéficient d'une distribution exceptionnelle, constituent une tétralogie ayant pour sujet l'amour, l'amour sous toutes ses formes : passionnel, conjugal, mercantile. Ils constituent le point d'aboutissement de l'œuvre de Max Ophüls qui atteint ici la pleine maturité de son art. Chacun des éléments qui caractérisent celui-ci, les « mouvements » du décor, les mouvements des acteurs et ceux de la caméra, qui « contournent ou caressent la réalité sans jamais l'abîmer » (Christian Matras), se combinent harmonieusement dans un parfait équilibre. Tous reprennent la figure du cercle, d'un point de vue graphique, mais aussi « géographique » (manège, piste de cirque) et dramaturgique, chacun des récits se terminant là où il a commencé, comme si les personnages étaient condamnés, à l'image de Lola Montès, à revivre éternellement les mêmes situations dans une illusion de vie. À moins que la mort ne les rattrape, les libérant du cercle infernal de la répétition, comme Madame de...
Alors qu'il vient de mettre en scène Le Mariage de Figaro à Hambourg, Max Ophüls meurt le 26 mars 1957, à l'âge de cinquante-cinq ans.
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