2. Le réalisateur allemand
En 1931, alors qu'il est un des plus célèbres hommes de théâtre d'Allemagne, Max Ophüls se tourne vers le cinéma auquel il ne s'est nullement intéressé pendant la période du muet. La découverte de films sonores l'amène, comme il l'expliquera, à considérer l'écran comme la prolongation du théâtre ». Un concours de circonstances le conduit à assister Anatole Litvak sur Nie wieder Liebe, produit par la U.F.A. qui lui propose alors de réaliser un moyen-métrage. Ce sera Dann schon lieber Lebertran (1930), d'après Erich Kästner, que suivent Die verliebte Firma (1931), « une comédie musicale aussi insignifiante que possible » (Max Ophüls), Die verkaufte Braut (La Fiancée vendue, 1932), transposition de l'opéra-comique de Smetana, dont il fit, comme il l'explique, quelque chose d'assez proche des « tableautins que jouaient les comédiens itinérants du Moyen Âge », Die lachenden Erben (1932), une comédie « au scénario inepte, insipide, d'une platitude à toute épreuve » (Max Ophüls), et Liebelei (1932), adapté de la pièce éponyme d'Arthur Schnitzler.
Dans ces films, principalement dans La Fiancée vendue et Liebelei, les plus personnels, Max Ophüls met en place les caractéristiques de son cinéma futur, tant en ce qui concerne les thèmes (la femme victime de l'égoïsme de l'homme et/ou des codes sociaux, la vaine quête du bonheur, le spectacle dans le spectacle) que la réalisation (souplesse de la caméra, mobilité des personnages) et le « ton » (pudeur, tact, élégance), ou encore les principes « graphiques » (la figure du cercle, les ouvertures et fermetures de portes), les éléments « scéniques » (escaliers, fenêtres, portes vitrées, voilages), les situations (promenade nocturne, trajet en calèche) et les lieux (cabaret, théâtre, gare).
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