Physicien et généticien américain d'origine allemande. Après avoir soutenu une thèse de physique théorique en 1930 à l'université de Göttingen, Max Delbrück travaille en Allemagne et au Danemark sous la direction de Max Born et Niels Bohr. Ce n'est qu'après son émigration aux États-Unis, pour des raisons politiques, en 1937, qu'il s'intéresse à la génétique. Il est professeur au Caltech (California Institute of Technology) à partir de 1947.
La démarche intellectuelle de Delbrück est assez proche de celle du grand physicien Schrödinger, l'un des fondateurs de la mécanique quantique, dont le livre Qu'est-ce que la vie ? (What Is Life ? 1944) exerça une influence profonde sur de nombreux physiciens qui devaient ultérieurement s'intéresser à la biologie. Comme Schrödinger, qui d'ailleurs cite la théorie de la mutation de Delbrück (selon laquelle les états isomères alternés d'un gène correspondent à différents niveaux d'énergie quantique), Delbrück pose en principe que les phénomènes biologiques peuvent être expliqués en termes rationnels, mais il estime que des principes de pensée nouveaux peuvent être découverts par l'intermédiaire de l'interprétation des mécanismes biologiques fondamentaux ; l'approche doit utiliser les données fondamentales de la physique théorique, car si des lois nouvelles sont dégagées, elles devront être en harmonie avec les principes déjà établis.
Cette attitude, totalement étrangère à tout vitalisme, eut un retentissement profond. L'idée que les principes de la physique restaient à découvrir avait de quoi tenter les théoriciens. Une véritable école de pensée se formera bientôt, vers 1940, autour de Delbrück, Luria et Hershey, dans ce qu'il est convenu d'appeler le phage group (groupe du phage), dont les travaux marquent la confrontation d'une certaine méthode de pensée avec un fait biologique précis : le cycle vital des bactériophages. Ensemble mouvant de chercheurs de tous horizons, ce groupe sera bientôt alimenté par le « cours du phage » de Cold Spring Harbor (le premier de c […]
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