2. Un artiste protéiforme
Sa sculpture, qui est obtenue à partir de concepts purement spatiaux, est le produit d'une exécution mécanique techniquement parfaite grâce aux matériaux choisis, le bronze doré et le granite qui sont polis, comme le montre Construction à partir d'un tore (1942-1944). Il reçoit d'importantes commandes qu'il conçoit à grande échelle ; ainsi la construction qu'il installe sur l'une des artères principales de Zurich à la demande d'une compagnie d'assurances, la sculpture qu'il érige pour le siège d'un fabricant d'automobiles à Stuttgart ou l'œuvre qu'il exécute devant l'immeuble d'une banque allemande à Francfort-sur-le-Main. Ces réalisations témoignent d'un véritable accomplissement de sa carrière.
Ses tableaux restent peints à la main : Max Bill les exécute au couteau à peindre et au cache, pour obtenir des surfaces lisses et homogènes et pour éliminer toute trace de facture personnelle. Ses compositions restent rigoureusement dans le plan, les formes et les couleurs se trouvant en nombre limité : des carrés et des rectangles, des arcs de cercle, des couleurs primaires et complémentaires, posées en aplats (Rythme horizontal-vertical-diagonal, 1942). Dans les années 1960, il poursuivra son œuvre d'artiste en faisant appel dans sa peinture à des formats souvent monumentaux et en recourant à des compositions souvent baroques, c'est-à-dire de moins en moins fondées sur les angles droits (Rotation de quatre quantités égales de couleurs autour de centres blancs, 1969). À la fin des années 1930, Max Bill va étendre son activité. Il participe à l'exposition Konstruktivisten en 1939 à la Kunsthalle de Bâle, puis y organise en 1944 l'exposition Konkrete Kunst. En 1950, sa première exposition rétrospective à l'étranger, au Museu de arte de São Paulo, aura un énorme retentissement dans le continent latino-américain. Il poursuit son activité éditoriale et publie des livres sur Robert Maillard et sur Wassily Kandinsky. Il donne surtout une impulsion toute particulière à son activité d […]
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