Fortement influencé par le Bauhaus, sous-tendu par des concepts mathématiques, rationnels et des formes géométriques pures, l'univers artistique de Max Bill frappe par son unité. Sa carrière, commencée dès 1929, s'est accomplie dans tous les domaines de la création artistique et de la vie publique avec la même force. Max Bill a été simultanément peintre, sculpteur, architecte, typographe, designer, mais aussi théoricien, écrivain d'art, éditeur, conférencier, tout autant que professeur, chef d'établissement, organisateur d'expositions, sans oublier son action d'homme politique.
1. Vers un art rationnel
Max Bill est né à Winterthur (canton de Zurich). Sa vocation est précoce : après des études à la Kunstgewerbeschule de Zurich de 1924 à 1927, années au cours desquelles il se rend à l'Exposition des arts décoratifs à Paris et assiste à une conférence donnée par Le Corbusier à Zurich, Max Bill décide d'apprendre l'architecture. Il a dix-neuf ans quand il entre en 1927 au Bauhaus de Dessau. Jusqu'en 1929, il suit les enseignements d'Albers, de Schlemmer, de Klee, de Kandinsky, de Moholy-Nagy et de l'architecte Hannes Meyer, puis s'établit à Zurich, où il exerce la profession d'architecte, de typographe et de designer. Il poursuit ses contacts internationaux en se tournant vers Paris, où il rend visite à Mondrian en 1932 en compagnie de Jean Arp. Il adhère la même année au groupe Abstraction-Création, auquel il participera jusqu'à la fin, en 1936. Là, il y fait la connaissance de Georges Vantongerloo, avec lequel il entretiendra des relations continues et qui exercera une influence décisive sur son œuvre. Toutefois, il se montre aussi réceptif à l'art de Brancusi qu'à celui de Pevsner, ce dont témoignent les sculptures qu'il exécute dans les années 1930.
En 1937, Max Bill prend part aux activités de l'association Allianz, dont le but est de regrouper tous les artistes suisses modernes et de faire connaître leurs travaux par des expositions, des catalogues et des éditions. Il publie en 1938 le tome III de l'œu […]
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