3. L'empreinte maurya
Les armoiries de l'actuelle République indienne reproduisent le chapiteau aux lions de Sārnāth ; un autre chapiteau maurya est exposé devant le palais présidentiel à Delhi. Les deux plus grands hôtels de Delhi s'appellent Maurya et Aśoka. Pour les dirigeants de la République indienne, les Maurya sont ainsi devenus le symbole de la grandeur et de l'unité indiennes. Leur règne est en effet le seul moment où, après une guerre dite « de libération », l'Inde presque entière est unifiée sous une dynastie indienne, où elle affirme une puissance militaire qui lui permet de négocier d'égal à égal avec les grandes puissances du monde méditerranéen, où chacune des religions nationales de l'Inde trouve son patronage le plus prestigieux (Candragupta était jaïna, Bindusāra hindou et Aśoka bouddhiste), le moment enfin où l'Inde, par la voix d'Aśoka, donne au monde des leçons de pacifisme et de non-violence.
Le souvenir de cette époque n'a jamais disparu de la tradition indienne. Les textes jaïnas mentionnent constamment Candragupta, converti sur le tard au jaïnisme, et datent de son règne une importante migration des Jaïnas vers le Sud. Aśoka est un personnage légendaire pour les bouddhistes. Le brahmane Kauṭilya, appelé aussi Cāṇakya, mentor et Premier ministre de Candragupta, est considéré comme le plus grand théoricien politique indien. On lui attribue des maximes de politique et un traité de gouvernement, l'Arthaśāstra, dont la date est fort discutée. Il est le héros d'une pièce de théâtre, la Mudrārākṣasa de Viśākhadatta (écrite entre le iiie et le viiie s. de notre ère), dont le sujet est la prise du pouvoir par Candragupta. L'Inde maurya fascina également le monde grec : d'importants extraits de la relation de voyage de Mégasthène ont pu ainsi être conservés.
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