10. Descendance de l'art maurya
Dans l'Inde gangétique et méridionale, Siśupālgaṛh reste une exception : on n'y connaît pas d'autre ville à plan hippodamien. De même, aucun édifice indien ultérieur ne peut être comparé au palais de Patna. En revanche, les chapiteaux indo-persépolitains sont longtemps restés le type normal du chapiteau indien. On les voit sur de nombreux reliefs, mais aussi à Vidiśā/Besnagar (colonne d'Héliodoros, vers 100 av. notre ère) et dans les grottes bouddhiques du Mahārāṣṭra, aux premiers siècles de notre ère. Comme à Lomāśa Rṣi, la façade et l'intérieur de ces grottes imitent souvent une architecture de bois. Quant aux stūpa indiens, ils découlent tous, en dernière analyse, des stūpa aśokéens.
L'art bouddhique de l'Inde paraît donc le véritable héritier de l'art maurya ; mais cette assertion n'est peut-être qu'une apparence, car l'art hindou du iiie siècle nous est inconnu, et son influence sur l'évolution ultérieure de l'art indien ne peut donc être estimée. Reste toutefois le fait capital que la politique de prestige des Maurya a introduit en Inde l'usage de la pierre et les techniques avancées de l'Iran perse et hellénisé. Si cette influence étrangère a été vite absorbée au point de n'être plus reconnaissable, elle y a du moins permis la création d'un art monumental et durable.
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