L'Union africaine refuse en 2009 de lever les sanctions qu'elle a prises contre les putschistes qui ont renversé, en août 2008, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le premier président mauritanien élu démocratiquement, tant qu'il n'y aura pas de progrès significatifs pour mettre en place un gouvernement civil. Le 4 juin, les chefs de l'opposition signent un accord avec la junte militaire au pouvoir pour instaurer un gouvernement provisoire d'union nationale jusqu'à la tenue de l'élection présidentielle qui, prévue initialement le 6 juin, est reportée au 18 juillet. À l'issue de ce scrutin, le chef de la junte, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, est déclaré vainqueur, avec 52,5 p. 100 des suffrages, tandis que son rival le plus sérieux, Messaoud Ould Boulkheir, obtient 16,3 p. 100 des voix. L'opposition conteste immédiatement ces résultats (plus d'un tiers des bulletins ont été invalidés). Le président de la commission électorale nationale indépendante démissionne le 23 juillet après avoir émis de sérieux doutes sur la validité du scrutin.
En février, le gouvernement s'engage à accélérer les procédures de réhabilitation (octroi de pièces d'identité et restitution des terres) des dizaines de milliers de réfugiés mauritaniens rapatriés du Sénégal, qui avaient été expulsés du pays en 1989 à la suite de violences ethniques liées à un conflit frontalier entre les deux pays. Le 25 mars, le général Ould Abdel Aziz promet de réparer les torts causés, vingt ans auparavant, aux familles des victimes tuées lors de ces violences.
Le 6 mars, alors que la Mauritanie est l'un des trois pays de la Ligue arabe à maintenir des relations diplomatiques avec Israël, la junte au pouvoir annonce la fermeture de l'ambassade israélienne à Nouakchott. Le gouvernement avait décidé, dès le 16 janvier, de suspendre ses relations avec l'État hébreu en raison de l'offensive israélienne menée du 27 décembre 2008 au 19 janvier 2009 dans la bande de Gaza.
À la suite d'une série d'attentats, dont l'attentat-suicide, le 8 août, devant l'ambassade de France à Nouakchott qui a été revendiqué par Al-Qaida au Maghreb islamique, le général Ould Abdel Aziz s'engage à combattre le terrorisme en renforçant le pouvoir de l'armée.
Nancy Ellen LAWLER
Universalis
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