« Si vous vous taisiez subitement, l'ennemi pourrait en tirer une indication. »
La voix de Maurice Schumann ne s'est éteinte que le 9 février 1998, près de cinquante-quatre ans après que le colonel américain Drexel-Biddle lui eut donné témoignage du rôle qu'exerçait, en mai 1944, le porte-parole de la France libre. De Londres, entre juillet 1940 et juin 1944, cette voix du couvre-feu avait incarné les espoirs de la Résistance par plus de mille allocutions radiophoniques.
Journaliste puis homme politique démocrate-chrétien et gaulliste, Maurice Schumann se présentait, dans ses dernières années, comme écrivain, professeur, sénateur, membre de l'Académie française. Mais son destin s'est joué à Londres quand il a rejoint le général de Gaulle avec une conviction : « Nous ne sommes pas l'arrière-garde d'une armée qui s'en va, mais l'avant-garde d'une armée qui reviendra. »
Son message porta, selon lui, parce qu'il était assez sûr de la victoire finale pour ne pas masquer les revers, parce qu'il parlait pour « vacciner contre la lassitude », parce qu'il se ressentait comme le lien sonore avec les Français submergés par l'Occupation.
Né à Paris le 10 avril 1911, […]
