Crapule misérable ou archange maléfique, Maurice Sachs laisse sur une époque troublée un témoignage irremplaçable. Les étapes de son itinéraire singulier, on les suit à travers des œuvres autobiographiques, inégales mais qui ne laissent jamais d'étonner : Alias (1935), Le Sabbat (1946), La Chasse à courre (1948), ou encore une correspondance partiellement accessible. Suivre sa vie, c'est aller de surprise en indignation et passer sans répit du cocasse à l'horrible. Traître et escroc, il est l'homme de toutes les contradictions : amoureux des deux sexes, vrai juif et (faux ?) chrétien, jouisseur et mystique, il peut à la fois écrire un livre sur Maurice Thorez et se compromettre quelques années plus tard avec les milieux troubles de la collaboration. Dans sa jeunesse, il a fréquenté Cocteau et le tout-Paris, Gide et Max Jacob, également Violette Leduc. Le couple Maritain l'amène à la conversion catholique, puis au séminaire, qu'il quitte bientôt. Marié aux États-Unis, il revient en Europe avec un ami homosexuel et abandonne aux quakers l'orphelin qu'il avait adopté. Il fait du marché noir pendant la guerre ; engagé dans le S.T.O., il dénonce les antinaz […]
