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LEENHARDT MAURICE (1878-1954)

Pasteur protestant avant de se consacrer à l'ethnologie de manière scientifique, Maurice Leenhardt appartenait à cette lignée de missionnaires qui pensaient que leur insertion dans la société à évangéliser passait par la connaissance en profondeur de la civilisation. Après avoir passé près d'un quart de siècle en Nouvelle-Calédonie, il eut pendant quelques années l'expérience de l'Afrique du Sud, puis revint en France où Lucien Lévy-Bruhl et Marcel Mauss, qui avaient suivi ses travaux, le firent entrer dans le monde universitaire. Élu à l'École pratique des hautes études (Ve section) pour y occuper la chaire des religions des peuples sans écriture, il assura de nombreux enseignements. Sur la fin de sa vie, nommé directeur de l'Institut français d'Océanie, il revint pour une année à Nouméa. Il fut aussi directeur du département d'outre-mer du musée de l'Homme, et membre de l'Académie des sciences d'outre-mer.

Ses écrits missiologiques ont témoigné, tout au long de son existence, d'un engagement total qui pour lui était sa motivation fondamentale. Comme savant, et bien que n'ayant pas initialement de formation spécialisée, il fit de nombreuses recherches linguistiques (Vocabulaire et grammaire du houaïlou, langue austronésienne) ; mais c'est surtout son œuvre proprement ethnologique qui lui a valu une grande audience. On lui doit d'abord des documents originaux, réunis de première main (Gens de la grande terre, Notes d'ethnologie néo-calédonienne) et qui apportaient dans les cercles scientifiques parisiens un témoignage authentique ; celui-ci directement venu des antipodes a beaucoup impressionné Mauss et Lévy-Bruhl. Leenhardt a ensuite tenté une théorisation de ses constatations de terrain (Do Kamo, la personne et le mythe dans le monde mélanésien).

Maurice Leenhardt restera, dans l'histoire de l'ethnologie, l'exemple d'un témoin qui, parti du terrain, a su non seulement transcrire la réalité vécue dans sa pleine authenticité, mais aussi en donner une première élaboration théorique. Il a ainsi réalisé pour les Canaques de Nouvelle-Calédonie ce que Spenser et Gillen avaient fait pour les Australiens, mais en donnant à son témoignage tout le prix que représentait un quart de siècle de vie commune avec les hommes de la société qu'il avait choisi d'étudier.

Jean POIRIER

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Écrit par :  Roger BASTIDE

Dans le chapitre "Le champ de l'anthropologie religieuse"  : …  souvent d'âges différents, qui ont perdu leur cohérence ou leur logique interne. Le mérite de *Leenhardt, dans les études qu'il a consacrées aux indigènes de la Nouvelle-Calédonie, a été de démontrer que la pensée mythique n'était pas un irrationalisme, qu'elle constituait seulement une « autre » rationalité que la nôtre. D'ailleurs, si nous… Lire la suite

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