Biophysicien britannique, Wilkins prit une part importante dans le développement de la biologie moléculaire. Né le 15 décembre 1916 à Pongarsa (Nouvelle-Zélande), Maurice Wilkins étudie la physique à Cambridge et à Birmingham. Après la Seconde Guerre mondiale, il devient attaché à l'unité de physique de l'université de Cambridge, puis il entre au Conseil de la recherche médicale (Medical Research Council) de Londres. Il est dans les années 1950 le grand spécialiste de l'analyse cristallographique aux rayons X de l'acide désoxyribonucléique (ADN). En 1951, lors d'un congrès à Naples, il rencontre James Watson qui, impressionné vivement par la grande qualité de ses clichés, se passionne pour la cristallographie et va travailler avec lui au laboratoire Cavendish de l'université de Cambridge. En 1960, Wilkins reçoit le prix Albert-Lasker. En 1962, le prix Nobel de médecine lui est attribué, en même temps qu'à James Watson et Francis Crick, « ... pour leurs découvertes de la structure moléculaire des acides nucléiques et sa signification pour le transfert de l'information dans la cellule vivante... ». La description exacte de la molécule d'ADN est faite en 1953. En effet, si Watson et Crick ont formulé des hypothèses sur la structure physique et chimique de l'ADN (structure de la double hélice), c'est sans conteste grâce aux indications que Wilkins et Rosalind Franklin ont pu leur fournir, à l'aide de leurs clichés de diffraction des rayons X par les cristaux d'ADN. Le récit des événements qui ont conduit à la découverte de la structure de l'ADN est raconté dans l'ouvrage de Watson The Double Helix ; a Personal Account of the Discovery of the Structure of the DNA, 1968 (La Double Hélice, 1968). Maurice Wilkins écrira à son tour cette histoire dans son autobiographie The Third Man of the Double Helix (2003). En 1962, Wilkins est déjà directeur adjoint de l'Institut de recherches biophysiques de King's College à Londres, dont il prendra la direction en 1970. Il continue pendant quelques années à centrer son travail sur l'ADN, puis s'oriente vers l'étude du fonctionnement du système nerveux.
Pierrette KOURILSKY
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