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GAMELIN MAURICE (1872-1958)

Maurice Gamelin, 1939

Né dans une famille d'officiers, et sorti major de Saint-Cyr en 1893, Gamelin fait partie de l'état-major de Joffre. C'est lui qui rédige, sinon le fameux ordre du jour de la Marne, du moins les instructions qui aboutissent à la grande victoire du 8 septembre 1914 ; c'est encore lui qui commande la 2e brigade de chasseurs à pied à la bataille de la Somme (1916) puis la 8e division d'infanterie avec laquelle il se distingue en 1918 devant Noyon et au passage de la Vesle. En 1925, il sert au Levant contre les Druses, devient chef d'état-major général en 1931 et succède à Weygand en 1935 comme vice-président du Conseil supérieur de la guerre. En janvier 1938, il devient chef d'état-major général de la Défense nationale, autrement dit le « généralissime désigné ». Mal renseigné sur l'adversaire, Gamelin a craint de s'opposer par les armes à la réoccupation de la Rhénanie en 1936 puis au démantèlement de la Tchécoslovaquie en 1938. Pourtant à la veille de la guerre son prestige est immense. Les Britanniques, qui l'appellent « notre Gamelin », le reconnaissent comme commandant en chef des forces alliées en France. Mais il est persuadé que les Allemands vont reprendre le plan Schlieffen (attaque par la Belgique) et, avec Georges, il a préparé plusieurs plans de contre-offensive. Le déferlement de la guerre éclair tandis que la quasi-totalité des armées françaises est bloquée en Belgique révèle l'étendue du désastre et la carence du généralissime. Limogé par Reynaud le 17 mai et remplacé par Weygand, Gamelin est interné au fort du Portalet après l'armistice, avec Léon Blum, Daladier, Mandel et Reynaud. Leur procès s'ouvre en 1942 mais est bientôt ajourné. Les Allemands envahissent la zone libre en novembre, s'assurent aussitôt de la personne de l'ancien généralissime et l'envoient, en mars 1943, à Buchenwald puis à Itter et au Tyrol, où les troupes américaines le libèrent en mai 1945. De retour à Paris, Gamelin se consacre à la rédaction de ses Mémoires, intitulés Servir, où il semble confiant dans le jugement de l'histoire. Les historiens, tout en faisant la part des responsabilités des autres grands chefs militaires et des hommes politiques, ne pourront que se montrer sévères à son égard. Oubliant les leçons d'audace réfléchie qu'il avait reçues de Foch et de Joffre, justement soucieux d'éviter les pertes en hommes, il avait forgé à la France une armée désuète et une stratégie défensive, la croyant à l'abri d'une ligne Maginot qui laissait pourtant ouverte la frontière la plus vulnérable du pays.

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FRANCE CAMPAGNE DE (1940)

Écrit par :  Armel MARIN

…  1939. La neutralité belge pose un problème délicat à l'état-major allié. Le plan d'origine de *Gamelin préconise une bataille défensive sur une ligne fortifiée en France ; l'entrée des forces alliées en Belgique n'aurait lieu que pour répondre à un appel belge. Ce plan conjugue une défensive prudente, jointe à une avancée limitée à l'Escaut.… Lire la suite
GUERRE MONDIALE (SECONDE)

Écrit par :  Henri MICHEL

Dans le chapitre "La « drôle de guerre »"  : …  l'état-major français ne peut pas porter la guerre dans la plaine du Pô, comme le général *Gamelin l'avait un moment envisagé. L'armée allemande se renforce sans cesse, le nombre des Panzerdivisionen passant de 5 à 12. La supériorité aérienne de l'Allemagne est écrasante ; les chasseurs britanniques valent certes les chasseurs… Lire la suite

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