3. Le rénovateur et l'historien de l'art religieux
Les deux dernières décennies de la vie de Maurice Denis sont en grande partie consacrées à son entreprise de rénovation de l'art religieux grâce à la fondation des Ateliers d'art sacré en 1919. Il cherche à « baptiser l'art moderne », selon une formule de son importante Histoire de l'art religieux parue en 1939 et se montre ainsi fidèle à une intuition exprimée dans les premières pages de son Journal, en 1886 : « la peinture est un art essentiellement religieux et chrétien ». Le peintre a, dès 1901, décoré l'église Sainte-Marguerite du Vésinet (Yvelines), il peint en 1916 l'abside de l'église Saint-Paul de Genève et continue dans cette voie jusqu'à sa mort puisque ses dernières créations sont un Chemin de croix et une Résurrection pour la basilique de Thonon-les-Bains en 1943. Ce travail personnel considérable et ce souci de former au sein des Ateliers des artistes-artisans capables de travailler pour l'église catholique ont été par la suite, après 1945, condamnés au nom d'un modernisme radical par le père Couturier, dominicain lui-même issu des Ateliers mais qui choisit une voie bien différente pour réconcilier l'art moderne et l'église catholique, celle de l'appel aux plus grands génies de son temps comme Matisse ou Fernand Léger.
Les créations religieuses et profanes de Maurice Denis allaient alors entrer dans un purgatoire d'où elles ne commencent à sortir que depuis deux décennies, par suite du déclin des avant-gardes artistiques. Mais la place réelle de l'artiste au sein d'une histoire renouvelée de la peinture du xxe siècle reste encore à déterminer.
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