Issu d'une famille de vieille souche languedocienne, Maurice de Guérin naquit près de Gaillac, au château du Cayla où il passa sa petite enfance. La vie à la campagne influe de façon décisive sur la nature de son inspiration poétique et sur sa sensibilité extraordinairement réceptive. La timidité, la passivité, l'irrésolution de son caractère subissent l'heureuse influence de la forte personnalité de sa sœur Eugénie, dont la tendresse et l'autorité remplacent celles d'une mère disparue très tôt et lui seront précieuses sa vie durant. Des études brillantes et très remarquées au petit séminaire de Toulouse, puis à Paris au collège Stanislas lui ouvrent les portes de la petite congrégation de Lamennais en Bretagne, à la Chênaie. Avant que ce dernier ne rompe définitivement avec les autorités ecclésiastiques, Guérin y passera neuf mois consacrés à l'étude et à la méditation spirituelle.
La parenthèse bretonne, prolongée par un séjour de trois mois, aura du moins renouvelé sous d'autres cieux et précisé une expérience de fusion avec la nature dont le caractère mystique se révèle de plus en plus difficile à concilier avec l'orthodoxie des dogmes chrétiens. Rompant avec ses habit […]
