De 1941 à 1945, le colonel Buckmaster est entré dans l'histoire et la légende de la Résistance française et des services secrets britanniques ; il fut, en effet, chef de la section française du Special Operations Executive (S.O.E.) qui devait « mettre l'Europe en feu » à la demande de Winston Churchill.
Créé sur décision du cabinet de guerre en août 1940, sous la responsabilité du ministère de la Guerre économique, le S.O.E. développa des réseaux de sabotage et d'action parallèles au Secret Intelligence Service (S.I.S.). Sa section française avait deux branches : l'une, RF, agissant en liaison avec les services spéciaux gaullistes et facilitant leurs déplacements ; l'autre, F, utilisant des Français sous contrôle d'agents britanniques.
Entré au S.O.E. au printemps de 1941 comme information officer puis chef intérimaire de la section belge, le major Buckmaster est muté à la fin de septembre à la tête de la section française. Connaissant bien la France, où il avait travaillé comme précepteur puis comme reporter au Matin et, de 1932 à 1936, comme assistant manager à Ford France, il réussit à livrer plus de dix-huit mille armes à la France et à animer q […]
