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ARNOLD MATTHEW (1822-1888)

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2.  L'âge de raison

Son séjour à Oxford, en qualité d'étudiant boursier puis de chargé de cours (fellow) à Oriel College, lui offrit le privilège de libres discussions et de joyeuses flâneries à travers une poétique campagne appelée à devenir le thème de ses chefs-d'œuvre. Les deux mois qu'il passa à Paris en 1846 furent les vacances d'un dandy enthousiaste de Béranger et fasciné par la « divine » Rachel. C'est l'époque où il lit Obermann, admire George Sand, lui rend visite à Nohant et est décrit par elle comme « ce Milton jeune et voyageant ». Son goût pour les mondanités et l'élégance fut encouragé par sa situation de secrétaire privé auprès de lord Lansdowne ; mais ce milieu riche et aristocratique lui valut aussi – car ce Lord President of the Council était spécialement chargé de l'Éducation – une initiation aux fonctions qu'il exerça de 1851 à 1886 (deux ans avant sa mort) : son titre officiel était alors « M. le professeur docteur Arnold, directeur général de toutes les écoles en Grande-Bretagne ».

Ce choix d'une carrière universitaire n'est pas la seule manifestation de l'esprit sérieux que masque son dandysme ; ses lettres à Clough, entre 1845 et 1851, nous révèlent des enthousiasmes et des élans où l'ambition littéraire et les questions d'esthétique ont plus d'intensité que la crise sentimentale que Matthew Arnold finit par dénouer en quittant, invitus invitam, Marguerite, la jeune Française rencontrée en Suisse en 1847, et en épousant, en 1851, Lucy Wightman, fille de magistrat. Si le mariage l'a voué à un bonheur raisonnable, ce renoncement a auréolé de romantisme une passion dont la mélancolie arnoldienne a fait le symbole du mystère et de l'impossible communion des êtres.

Sauf dans quelques poèmes d'amour, Matthew Arnold s'est interdit de donner libre expression à son lyrisme ; la note personnelle, le cri du cœur subit, chez lui, une transmutation par l'intervention de l'introspection critique et de la conscience morale et par le recours à des « sujets » (importante q […]

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VICTORIENNE ÉPOQUE

Écrit par :  Louis BONNEROTRoland MARX

Dans le chapitre "Poésie"  : …  La poésie, dans la littérature victorienne, a autant de densité et de variété que la prose. *Matthew Arnold reprend à son compte la formule de Carlyle : « Ferme ton Byron et ouvre ton Goethe », mais il oublie ses attaques contre l'ignorance des romantiques et, comme tous ses contemporains, puise chez eux la sève nourricière de ses œuvres les… Lire la suite

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