5. Sources
Que la cour de Ferrare fût un lieu d'accueil privilégié pour l'épopée carolingienne et les romans bretons, c'est ce qu'atteste dès ce temps la bibliothèque ducale, où figurent en abondance aussi bien les textes originaux français de ces récits que leurs adaptations en italien vulgaire et plusieurs de ces curieux vestiges linguistiques (appartenant en majeure partie à la fin du xiiie siècle et à la première moitié du xive siècle) que sont les poèmes « franco-vénitiens » de matière carolingienne et autre, écrits soit en un français affecté de désinences dialectales italiennes, soit en un dialecte italien au vocabulaire fortement francisé (ainsi l'anonyme Entrée de Spagne, ou La Prise de Pampelune de Nicolas de Vérone). De ce fonds composite, auquel se rattachent de multiples compilations en prose telles que les populaires Reali di Francia du Florentin Andrea da Barberino, procède l'imagination narrative de Boiardo, secondée et stimulée de surcroît par une longue familiarité avec les classiques latins.
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