4. La troisième génération
Nous sommes entrés dans la troisième génération (corrélativement, le monde devient désormais notre invention). Il en résulte aussi une autre civilisation industrielle (la communication, l'automatisation, l'informatisation électronique, les économies d'énergie, etc.). La cité scientifique même en sort secouée et obligée à des décloisonnements – entraînée par les nouveaux matériaux (les céramiques, les supraconducteurs, les monocristaux, les verres non silicatés, les eutectiques). La science de ces nouveaux « substrats » rassemble les physiciens du solide, les cristallographes, les électrochimistes, les polyméristes, ainsi que les mathématiciens de l'algèbre matricielle ou du calcul des tenseurs. Évoquons seulement quelques aspects de ces néo-matériaux. D'abord se multiplient actuellement les « composites ». Nous les distinguons des « composants », avec lesquels on les confond, encore que la séparation ne porte que sur des nuances. Ces derniers correspondent à un mélange, éventuellement celui de deux constituants de même nature. Le textile en relève : ne suppose-t-il pas deux fils identiques mais qu'on croise (la chaîne et la trame) ? De même, on peut user d'un bioadhésif, mais, au besoin, d'un durcisseur semblable à lui, qui en précipite l'action. Les composites (terme d'origine anglo-américaine) associent deux éléments différents (par leur nature, leur forme et leur fonction), de telle façon que l'union dépasse la somme des unités. Cette ruse technologique, qui potentialise, ne date pas d'aujourd'hui, si l'on accepte de ranger sous cette rubrique le béton armé ou le pneumatique qui inclut une carcasse en fils d'acier. Le bois lui-même, et par lui seul, ne conjugue-t-il pas des fibres de cellulose dans un bain de lignine ? À vrai dire, ces « mixtes » anciens miment les composites (des « pseudo ») plus qu'ils ne les réalisent, parce que, en eux, l'union ou la fusion ne va pas vraiment jusqu'à son terme. Les deux éléments se consolident mutuellement, mais subsistent […]
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