Ce que l'on nomme matériau musical recouvre tout ce qui sert de « matière première » à l'écriture : l'harmonie, l'intervalle, le timbre, le rythme, la forme... Ce terme n'est apparu dans le vocabulaire musical occidental que récemment, lorsque l'évolution du langage, changeant les fonctions harmoniques du système tonal, entraîna une révision de tous les paramètres jusqu'alors usités, qui avaient été conçus en fonction de la pensée tonale. Pour tenir compte de la nouvelle donne harmonique, le concept de développement changera de signification et les formes liées à la tonalité se verront peu à peu abandonnées. C'est ainsi que Schönberg, renonçant aux répétitions, à la symétrie formelle et à la pulsation rythmique se trouvera dans l'obligation d'inventer une nouvelle technique d'écriture lui permettant de renouer, différemment, avec l'unité structurelle qu'avait su conquérir la tonalité... Et ce sera la variation continue qui s'interdira la répétition littérale. En se transformant, la syntaxe va entraîner la naissance de nouveaux paramètres, qui prendront le nom générique de matériau. Sous ce vocable se cachent aussi bien les clusters de Henry Cowell, les nuages s […]
