2. Clans et classes d'âge
Les clans patrilinéaires, au nombre de six ou de sept, divisés en sous-clans, sont dispersés dans tout le pays massaï. Pour certains auteurs, l'unité exogamique est le clan ; pour d'autres, c'est le sous-clan.
Les classes d'âge sont un élément important de l'organisation sociale massaï. À la circoncision, le garçon entre dans la première classe, celle des jeunes guerriers. L'intervalle entre les classes n'est pas régulier : à la demande des aînés, lorsque le besoin s'en fait sentir, une classe est créée au cours d'un rassemblement général ; ces aînés sont les parrains des nouveaux circoncis. Tout homme appartient pour la vie à une classe qui traverse chacun des stades marquant les grandes étapes de l'existence humaine. Les classes ont des noms qui paraissent avoir été repris de façon cyclique.
Partant de ces éléments, l'ethnologue H. A. Fosbrooke a essayé de reconstituer l'histoire tribale. Autrefois, les jeunes guerriers, organisés en compagnies sur une base territoriale, étaient astreints à un entraînement rude et soumis à une discipline sévère. Ils n'avaient pas le droit de se marier, mais celui de pratiquer l'amour libre avec des filles de leur âge, sœurs de leurs camarades. Les naissances n'étaient pas souhaitées à ce stade, et les filles enceintes devaient se faire avorter, semble-t-il. Avant le mariage, les filles subissaient la clitoridectomie. Lorsque sa classe d'âge passait au stade suivant, celui de guerrier pleinement adulte, le jeune homme avait le droit de se marier. Habituellement, il choisissait lui-même sa fiancée, bien que les unions aient été parfois arrangées par les pères. La dot consistait en quelques têtes de bovidés. La polygynie n'était limitée que par la richesse : s'il arrivait souvent qu'un homme ait deux épouses, il était rare qu'il en possédât cinq. La morale sexuelle était large, chaque homme ayant accès aux femmes de ses compagnons de classe d'âge.
Après une période de quatorze à vingt et un ans, le « guerrier » devenait un « aîné » ; désormais, il se rasait la tête et ne portait plus la coiffure nattée.
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