2. La fabrication
Les masques étaient fabriqués loin du regard des femmes et des enfants non initiés, et ils le sont encore. L'opération se déroulait à l'abri d'enceintes ou dans des édifices spéciaux où ne pénétraient que les hommes chargés de ce travail. La fabrication des masques ne dépendait pas de spécialistes, mais les hommes âgés expérimentés donnaient souvent des conseils techniques. Les hommes choisis pour leur réalisation devaient respecter certains tabous alimentaires ou sexuels. Les outils étaient consacrés sur les lieux de culte, ce qui garantissait leur efficacité. Des onctions de sang de poulet ou de sang humain, de graisse de porc, d'huile végétale, pouvaient être également pratiquées sur les outils et sur les œuvres en cours de réalisation afin de leur conférer une force spirituelle, appelée mana en Polynésie. Dans certains cas, les fabricants et les masques étaient fouettés à l'aide d'orties. Le travail s'effectuait parfois au rythme des battements de tambours ou au son des flûtes. Des prières, des chants et des incantations aux esprits, aux dieux ou aux ancêtres venaient souvent s'ajouter à ce cérémonial qui devait assurer la réussite de l'entreprise. Dans de nombreuses régions de Mélanésie, comme en Nouvelle-Irlande ou au Vanuatu, la reproduction d'un masque exigeait le consentement du propriétaire, le contrevenant s'exposant à des représailles. Les droits de reproduction (ou de copyright) appartenaient soit à un clan, soit à une famille. La plupart des masques n'étaient pas fabriqués pour durer puisqu'ils étaient confectionnés avec des matériaux périssables et qu'ils étaient détruits par le feu après usage. En revanche les masques en bois étaient solides, mais ils devaient être repeints avant chaque sortie.
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