6. Marseille sous l'Empire
En préférant Pompée à son adversaire, Marseille avait pris un mauvais parti. Mais elle ne s'était pas révoltée contre le pouvoir romain. Elle n'avait pas rompu le traité qui la liait à Rome. César se montra, pour cette raison, aussi indulgent qu'il le pouvait. Il ne détruisit pas la ville, qui conserva ses remparts et dont les habitants ne furent pas réduits en esclavage. Marseille fut cependant privée de son domaine terrestre. Arles, qui avait contribué à la victoire césarienne, le reçut, ce qui contribua à son développement sous l'Empire. Mais les privilèges consentis à cette voisine devenue rivale n'ont pas empêché Marseille de profiter des avantages que lui donnait sa position maritime. Elle continua de tirer revenu des droits de douane sur les marchandises débarquées sur ses quais pour entrer en Gaule, comme le prouve une inscription du iiie siècle découverte en 1990. Elle tira habilement parti de son statut. Elle était en effet, selon le mot de Pline, « cité fédérée ». Conservant son organisation traditionnelle, elle n'était pas une colonie latine comme Aix, ni une cité latine comme Apt. Elle était une cité « pérégrine », c'est-à-dire étrangère, hors du système militaire et institutionnel romain. Le traité d'alliance avec Rome consacrait la situation de dépendance des Marseillais, mais il leur garantissait une série de droits, comme celui de ne pas être soumis à l'impôt et de pouvoir défendre leurs affaires devant les tribunaux romains.
Privée de son territoire, Marseille s'appliqua à mettre en valeur sous l'Empire ce qui lui restait : son port. Dès l'époque d'Auguste, les installations portuaires sont remaniées et améliorées. Au pied des remparts, là où se trouve aujourd'hui le Jardin des vestiges, la corne orientale fut approfondie et entourée d'un quai en pierre de taille. Un bassin recueillit les eaux douces pour permettre aux navires de s'approvisionner plus commodément. Du côté de l'actuelle mairie, au musée des Docks romains, subsistent les vestiges de grands entrepôts. Construit […]
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