3. Une emprise croissante sur des territoires indigènes
Silencieuses sur l'histoire de Marseille à l'époque classique, les sources littéraires mentionnent le siège de la ville par le chef gaulois Catumandus, vers 390 avant J.-C. Les Marseillais repousseront l'attaque, mais il est clair que la colonie phocéenne, implantée en pays barbare, dut faire face aux menaces d'un environnement hostile. Silius Italicus, à la fin du iiie siècle avant J.-C., montre la cité grecque « entourée de tribus arrogantes et terrifiée par les rituels sauvages de leurs voisins barbares ». Par besoin de sécurité, pour protéger son commerce et favoriser son développement, Marseille, au moment où Pythéas visite les pays nordiques vers la fin du ive siècle, se constitue lentement un domaine par la force. Son territoire primitif était limité à la plaine située dans le voisinage de la cité, surveillé par des postes fortifiés, dont le plus important était celui de Saint-Marcel, à 8 kilomètres de la ville. Poussée par un réflexe de sécurité, plus que guidée par une volonté d'expansion, Marseille contrôla au cours du ive siècle la côte de l'Estaque, l'étang de Berre, avant de s'étendre au-delà vers Saint-Blaise. Elle fit ensuite la conquête des chaînes de Vitrolles et de l'Étoile.
À la fin du iiie siècle avant J.-C., elle étend encore son emprise en contrôlant jusqu'à la plaine du bas Rhône. Son influence sur les territoires qui l'entourent va ainsi croissant. Elle procure à ses voisins de nombreux biens de consommation et exporte en Méditerranée près de 10 000 hectolitres de vin par an au cours du ive siècle avant J.-C. Bien que manifestant une certaine résistance, les milieux indigènes s'ouvrent peu à peu à la culture grecque. Comme le montre une inscription gravée sur une coupe du iiie siècle avant J.-C. trouvée à Martigues (musée municipal de la ville), on commence à noter la langue gauloise en lettres grecques.
Dès la fin du vie siècle, Marseille s'inscrit dans un vaste périmètre urbain dont les limi […]
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