5. Une brève renaissance
Au xvie siècle, une famille de chérifs du Sud marocain, les Saadiens, réussit à ranger peu à peu le Maroc sous son autorité. Marrakech redevint la capitale du pays. Les Saadiens la dotèrent de nouvelles et grandes mosquées inspirées des sanctuaires almohades et y élevèrent une médersa qui reprenait l'ordonnance des collèges mérinides de Fès. Au palais du Bali, qui n'est plus qu'une ruine, et dans la luxueuse nécropole qu'ils élevèrent au chevet de la mosquée de la Qasba s'affirme, grâce aux Andalous émigrés au Maroc, l'influence du dernier art musulman d'Espagne, celui de la Grenade nasride.
Mais les Saadiens ne tardèrent pas à sombrer dans l'anarchie. D'autres chérifs, les Alaouites, firent la conquête du Maroc. Si le premier d'entre eux, Mūlāy Rashīd, semblait bien disposé vis-à-vis de Marrakech, son successeur, Mūlāy Ismā'il, ne fit rien pour la ville qu'il avait dû prendre de vive force et il fixa sa résidence à Meknès. À sa mort en 1727, Marrakech connut, comme tout le Maroc, trente-cinq ans d'effroyables désordres.
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