5. L'économie marocaine à l'épreuve
Pendant les quinze années qui ont suivi l'indépendance, les autorités marocaines ont porté la plupart de leurs efforts sur la reconversion des structures économiques héritées du Protectorat en vue d'établir les fondements d'une véritable « économie nationale ». Cette politique, axée principalement sur la valorisation des ressources naturelles et la reprise en main progressive de l'appareil de production, s'est appuyée sur un interventionnisme étatique important, et a donné lieu à la mise en place d'un processus de planification à partir des années 1960.
Au terme de cette période, les plans mis en œuvre n'ont pas permis de surmonter la persistance d'une très faible croissance de la production globale, l'aggravation du chômage, l'insuffisance des taux d'épargne et d'investissement, ni les difficultés liées à une balance des paiements très vulnérable.
Ainsi assiste-t-on, à partir de 1968, à une volonté réelle d'accroître le dynamisme de l'économie, ne serait-ce que pour mieux prendre en compte la pression démographique de plus en plus sensible. Le plan 1968-1972 et davantage encore le plan 1973-1977 portent la marque de ce volontarisme, à peine teinté d'égalitarisme social, et accompagné d'une stratégie de développement centrée sur des objectifs de croissance maximale. Si les résultats des premières tranches annuelles témoignent d'un développement réel, l'année 1977 va cependant reproduire les traits structurels des années passées, notamment le déficit alimentaire, l'augmentation du taux d'endettement et la hausse des prix, aggravés par les effets pervers de la crise économique des pays capitalistes et le poids financier de la guerre du Sahara.
Pour réduire l'ampleur des déséquilibres, un plan triennal de stabilisation est adopté pour la période 1979-1980 visant à maintenir en priorité les équilibres financiers. Cette politique qui conduit les pouvoirs publics à abandonner l'option industrialiste du plan précédent ouvre une période de dési […]
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