4. La « marocanité » du Sahara en suspens
Conforté par les succès militaires de sa stratégie des « murs » et accroché à sa position du référendum défendue à Nairobi, le Maroc a écarté tout espoir d'un règlement équitable et concerté, que la relance de la dynamique unitaire maghrébine laissait entrevoir. Pourtant, certains milieux d'affaires voire politiques finissaient, en raison du poids financier de cette guerre d'usure, par s'accommoder d'une solution de repli ou d'un accord de partage. Le Polisario continue pour sa part à accroître l'isolement diplomatique du Maroc au sein de l'O.U.A. et de l'O.N.U. pour l'obliger à se plier aux résolutions des deux organisations internationales. Pour en faciliter la mise en œuvre, deux séries de conversations sont organisées entre le Maroc et le Polisario, mais sans succès. Des divergences profondes continuent de les opposer, sur les conditions et la finalité du plan de paix, le Maroc s'appuyant sur la politique de « marocanisation » du territoire saharien pour se préparer à accepter un référendum contrôlé et confirmatif, le Polisario se fondant sur la reconnaissance internationale de « la réalité étatique » de la République arabe sahraouie démocratique pour faire entériner par un référendum l'autodétermination du peuple sahraoui. Prenant le relais de l'O.U.A., l'O.N.U. parvient après de nombreux contacts officiels et secrets, et au terme d'une mission sur le terrain, à élaborer un plan de paix qui est remis en août 1988 et qui paraît satisfaire le Polisario et le roi Hassan II. En effet, la perspective d'une solution référendaire s'inscrit dans un contexte politique et diplomatique qui paraît d'autant moins préoccupant pour le Maroc qu'il a acquis définitivement la maîtrise militaire du terrain et accompagné cette emprise par un effort considérable d'encadrement administratif et de modernisation économique du territoire.
En outre, le Polisario, longtemps récusé comme autorité légitime et perçu essentiellement comme un appendice algérie […]
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