Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

MARIVAUX PIERRE CARLET DE CHAMBLAIN DE (1688-1763)

Page précédente Page suivante

L'écrivain qui résume le mieux pour nous la grâce et l'esprit du xviiie siècle français fut un homme solitaire, discret, mélancolique et longtemps mal compris. On lui sut gré pour un temps d'émouvoir et d'amuser ; puis on lui reprocha l'afféterie, la subtilité, la vaine « métaphysique » ou le bavardage galant, tout ce qui se résuma vers 1760 dans la notion de marivaudage. Il ne voulait qu'une chose : être Marivaux. Certain que chaque époque, chaque être, chaque écrivain possède sa vision propre, il n'a songé qu'à « se ressembler fidèlement à soi-même », à cultiver sa « différence », sa « singularité d'esprit » : le marivaudage coïncide avec l'idée qu'il se faisait de l'originalité, de la modernité. Il a été délibérément « moderne », c'est-à-dire peu soucieux de modèles, d'écoles, de règles, mais passionné de vérités imprévues ; il a rompu avec les dogmes, avec les idées reçues, pour mieux comprendre ce qu'était vivre, aimer, souffrir ; s'étant donné pour objet les qualités de l'existence, ce qu'il appelle les « différences du cœur » ou les « degrés de sentiment », il a abordé le domaine mouvant des impressions avec la rigueur ingénue d'un géomètre. De cette dangereuse innocence procède toute sa carrière littéraire : pour rendre la mobilité de la vie intérieure, cette « modification qui n'a point de nom », il lui faut renoncer aux idées claires et au langage préconçu, créer une esthétique de l'image, de la suggestion, du mouvement ; il choisira les formes les moins académiques, faux mémoires, comédie à l'italienne, journal, parodie ; et, de ces formes populaires, souvent décriées, il fera ce qu'il veut, des tableaux, des féeries, des confidences : tout dans son œuvre est métamorphose et approfondissement. « Âme réfléchissante, qui médite un abrégé subtil de ses vues » (Sur la pensée sublime), ce géomètre réinvente, comme plus tard Mallarmé ou Valéry, la littérature.

1.  Une discrétion féconde

On l'a dit secret ; il laisse en effet peu de traces : quelques contrats portant sur des […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« MARIVAUX PIERRE CARLET DE CHAMBLAIN DE (1688-1763) » est également traité dans :

LA DISPUTE, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Écrit par :  Anouchka VASAK

S'il est une mise en scène qui a marqué notre époque, c'est bien celle que Patrice Chéreau donna de La Dispute de Marivaux (1688-1763) en 1973. Pour qui assista à cette « fête noire », l'impression fut indélébile. Il faut pourtant revenir au texte de cette pièce en un acte, « la plus subtilement métaphysique de ce théâtre métaphysique »… Lire la suite
LES FAUSSES CONFIDENCES, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Écrit par :  Pierre FRANTZ

 Les Fausses Confidences, comédie en trois actes de Marivaux (1688-1763), fut représentée pour la première fois le 16 mars 1737 au Théâtre-Italien. C'est la dernière des « grandes » pièces de l'auteur. À bien des égards, elle représente un aboutissement de l'évolution de son œuvre dramatique vers une forme de comédie en prose marquée par… Lire la suite
L'ÎLE DES ESCLAVES, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Écrit par :  Pierre FRANTZ

 L'Île des Esclaves, comédie en un acte de Marivaux (1688-1763), fut créée au Théâtre-Italien le 5 mars 1725 et connut un réel succès dont témoigne le nombre de représentations qui suivirent la création et celui des reprises au cours du xviiie siècle. Elle est souvent étudiée et représentée depuis le milieu du… Lire la suite
LA VIE DE MARIANNE, livre de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Écrit par :  Pierre FRANTZ

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763) fit paraître son roman, La Vie de Marianne, ou les Aventures de Madame la comtesse de ***, en livraisons successives, échelonnées entre 1731 et 1742. C'est dans ce même intervalle qu'il publie en volumes successifs Le Paysan parvenu (1734-1735) et Le Cabinet duLire la suite
COMÉDIE

Écrit par :  Robert ABIRACHED

Dans le chapitre "La crise du XVIIIe siècle"  : …  larmoyante de Nivelle de La Chaussée se succèdent pour pourvoir à l'édification du public. Seul *Marivaux invente une forme originale de théâtre, en conformité profonde avec l'évolution de la culture et de la sensibilité : il fait du langage le lieu même de l'action dramatique et donne un sens nouveau à la notion de représentation, qui… Lire la suite
DRAME - Drame bourgeois

Écrit par :  René POMEAU

Dans le chapitre "Diffusion du genre au XVIIIe siècle"  : …  Si l'on veut apprécier le rayonnement du genre au siècle des Lumières, d'autres noms sont à citer. *Marivaux fait intervenir une discrète sentimentalité bourgeoise dans une pièce comme Le Jeu de l'amour et du hasard (1730). Plus franchement, sa Mère confidente (1735) annonce le drame tel que le concevra Diderot. Voltaire, sensible… Lire la suite

Afficher la liste complète (6 références)

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média