2. Le choix de l'organique
À partir de l967, Merz expose régulièrement à la galerie Sperone, à Turin, et rejoint avec sa femme Marisa le groupe de l'Arte povera, dont la notoriété internationale sera considérable. Cette même année, il participe, à la galerie La Bretesca de Gênes, à la première exposition de l'Arte povera, Arte povera - Im Spazio, organisée par le critique Germano Celant. Désormais l'artiste, comme nombre de ses compagnons de route, sera sollicité lors de toutes les grandes manifestations, de la biennale de Venise à la Documenta de Kassel. Quant à ses expositions personnelles, elles se multiplient, tant dans des galeries que dans des institutions muséales.
En l985, à la demande de Harald Szeemann, l'artiste transforme ainsi, de manière spectaculaire, le Kunsthaus Zurich en véritable village d'igloos de différentes périodes. En l987, il réalise dans la grande nef du C.A.P.C.-musée d'Art contemporain de Bordeaux un gigantesque habitacle de verre, qui fait référence à Piranèse. La même année, c'est à la chapelle de la Salpêtrière, à Paris, qu'il installe une série d'igloos constitués de matériaux hétéroclites : dalles de pierre inégales, lames de verre aux arêtes tranchantes, fagots entassés ou recouverts de toiles peintes. Car Merz n'a pas pour autant abandonné la peinture, couvrant de vastes toiles ou feuilles de papier d'animaux qui remontent bien souvent à l'histoire la plus ancienne de l'humanité. En 1989, c'est au Solomon R. Guggenheim Museum de New York où il est invité, honneur rarissime pour un Européen, à affirmer sa vision du monde, qu'il exprime sa représentation de l'univers en expansion en déroulant sur la balustrade du musée ses symboles du temps et de l'espace : la spirale et la série de Fibonacci.
Ces igloos de verre, de terre ou de plomb incarnent, chez Mario Merz, la forme organique par excellence, représentation à la fois du monde et de l'édification nomade, de l'abri. « L'habitation est une relation entre l'espace et le temps. Le temps est un créa […]
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