1. Marie dans le Nouveau Testament
Si l'on adopte, avec André Feuillet (« La Vierge Marie dans le Nouveau Testament », in Maria, t. VI), l'ordre chronologique, généralement admis, de la rédaction des textes, on constate tout d'abord que les grandes épîtres pauliniennes (à l'exception d'une allusion indirecte, Gal., iv, 4) ignorent Marie. L'Évangile de Marc, passant sous silence les récits de la Nativité, ne mentionne la mère de Jésus et « ses frères » qu'à propos de deux incidents du ministère galiléen de Jésus, où celui-ci est contesté (Marc, iii, 31-35 et vi, 3). Quelle que soit l'interprétation donnée par la suite à la mention des « frères » de Jésus, il ne s'agit dans les deux cas que d'une relation de parenté tout humaine entre Jésus et sa mère. Il faut rapprocher de ces textes (et de leurs parallèles dans Matthieu et Luc) le logion de Luc, xi, 28, où, en réponse à une allusion de quelqu'un dans la foule à la maternité physique de Marie, Jésus répond : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. » Matthieu d'abord, Luc ensuite sont les seuls à faire place aux récits de la naissance et de l'enfance du Christ. Par rapport à Marie, ils présentent entre eux de notables différences. Dans Matthieu, la généalogie destinée à établir la filiation davidique et abrahamique de Jésus aboutit d'abord à Joseph, « l'époux de Marie de laquelle est né Jésus, appelé Christ » (Matthieu, i, 16). C'est Joseph qui reçoit l'annonce de la conception et de la naissance miraculeuses (versets 18-25). L'événement est présenté moins comme une grâce et un privilège accordés à Marie que comme l'accomplissement des prophéties messianiques en la personne de l'enfant, « conçu du Saint-Esprit », le Sauveur, « Emmanuel, Dieu avec nous ». Le chapitre ii, qui relate l'adoration des mages, la fuite en Égypte et le massacre des innocents de Bethléem, est tout entier centré sur le thème de la royauté davidique de l'enfant. C'est lui qui est l'enjeu du drame qui se joue. Il est cinq […]
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