Danseuse italienne née à Stockholm et morte à Marseille. Fille du danseur et chorégraphe Philippe Taglioni (1778-1871) et d'une cantatrice suédoise, Marie Taglioni commence ses études de danse à Paris avec Jean-François Coulon, mais celui-ci est plus que réticent devant le physique et le travail de la jeune fille ; son père décide alors de la faire travailler lui-même. Marie Taglioni raconte elle-même dans ses Mémoires leur travail : « Dans ces six heures de travail [par jour], deux au moins étaient employées rien qu'à des exercices, dont des milliers pour chaque pied. Puis deux heures étaient employées à ce que j'appellerai des aplombs ou adagio [sic]. Ainsi, me tenant sur un seul pied, je prenais des poses qu'il fallait développer doucement. Lorsque la pose offrait de grandes difficultés, je tâchais de la garder et je comptais jusqu'à cent avant de la quitter. Avec cette persévérance, j'en devenais tout à fait maîtresse. Ces poses doivent être faites en se tenant sur la demi-pointe du pied. Ça m'a beaucoup servi et plaisait énormément au public. Je recourais à ces poses lorsque j'avais besoin de repos, tandis que, pour les autres artistes, c'est généralement une fatigue. On nomme aujourd'hui aplomb ou adagio des groupes grotesques que l'on fait avec le secours d'un danseur qui a l'air d'une espèce de clown. Il n'y a là aucun mérite, et franchement c'est fort disgracieux. Les deux autres heures étaient employées à sauter. À force de sauter, on finit par trouver des élans de biche. Pour moi, je sais que je pouvais me lancer à travers la scène en un ou deux bonds, m'élevant en me tournant sur moi-même d'une façon qui surprenait beaucoup. »
Ses bras étant trop longs, son père lui apprend à les croiser sur la poitrine ou à les tenir baissés poignets joints, pour ne pas attirer l'attention sur eux : Marie Taglioni crée ainsi de nombreuses poses, qu'on retrouve encore de nos jours dans de nombreux ballets. Elle révèle aussi la danse sur pointes. Après six mois de travail acharné, entièrement façonnée par son […]
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