Née à Paris le 3 novembre 1912, la fille de Cosette de Brunhoff et de Lucien Vogel, communiste et directeur de Vu, devait dire : « C'est la conscience de n'avoir pas eu d'autre effort à faire que celui de naître qui m'a donné une certaine conscience de classe. » Après ses études au collège Sévigné et aux Beaux-Arts, elle vécut à Berlin. Reporter-photographe, elle milita ensuite à Paris, dans l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires dont elle épousa le secrétaire général, Paul Vaillant-Couturier, rédacteur en chef de L'Humanité, célèbre pour un refrain qui affirmait : « Nous bâtirons un lendemain qui chante. »
Membre des Jeunesses communistes depuis février 1934, veuve en 1937, dirigeante des Jeunes Filles de France en 1938, elle suivit la ligne du P.C.F. et vécut, à partir de 1939, avec Roger Ginsburger, dit Pierre Villon, architecte et dirigeant communiste. Engagée dans la Résistance, elle fut arrêtée en février 1942. Déportée en janvier 1943, avec deux cent trente autres Françaises, dont 60 p. 100 allaient mourir dans les trois mois suivants, Marie-Claude Vaillant-Couturier connut les camps d'Auschwitz et de Ravensbrück. Aragon évoqua, dès la clandestinité, ses souffrances comme celles de Maïe Politzer, qui ne survécut pas dans la « géhenne dont le nom siffle et souffle une affreuse chanson : Auschwitz, Auschwitz, ô syllabes sanglantes ». On ignorait cependant que, avec son extension de Birkenau conçue pour le génocide, Auschwitz pouvait alors exterminer douze mille personnes par jour.
C'est en leur mémoire que Marie-Claude Vaillant-Couturier parla à son retour. Secrétaire de la Fédération démocratique internationale des femmes de 1945 à 1954, elle témoigna au procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg, le 28 janvier 1946. Elle décrivit les paillasses de 2 mètres sur 2 où neuf détenues devaient se coucher, les appels nocturnes dans le froid et le hurlement des chiens, les rats s'attaquant aux mourantes. Parce qu'elle avait été employée au Revier (pseud […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



