8. La disparition de Mari
À l'époque de la dernière dynastie régnante (début du xviiie siècle), la cité n'apparaît que comme le prolongement de plus en plus appauvri de la période des Shakkanakku ; tous les bâtiments occupés alors ont été édifiés à l'époque précédente ; aucun bâtiment caractéristique de la période amorrite n'a été retrouvé, soit à cause de l'érosion qui aurait fait disparaître une bonne partie du niveau, soit parce que la ville, amoindrie, ne vivait plus que dans les vestiges de sa grandeur passée.
La dernière dynastie de Mari – issue de Iaggid-Lim, avec les règnes marquants de Iahdun-Lim et de Zimri-Lim, séparés par l'interrègne de Shamshi-Adad, roi de Haute-Mésopotamie, et de son fils Iasmah-Addu – qui est la mieux connue, grâce aux milliers de textes retrouvés dans le palais, est sans doute paradoxalement l'une des moins puissantes de celles qui ont gouverné la cité, celle qui n'a pu empêcher sa ruine. Loin d'être une période de gloire et de puissance comme on se plaît trop souvent à le dire, c'est une phase crépusculaire avant la nuit définitive.
Ainsi l'incendie de la cité par Hammourabi de Babylone, en 1760, n'a-t-il pas frappé une cité à son apogée, mais plutôt une ville qui cherchait, sous l'impulsion de ses derniers rois, à se survivre. Le déclin était engagé vraisemblablement depuis longtemps, sans doute depuis que la route du piémont du Taurus, à cause du développement septentrional et des relations avec l'Anatolie, était devenue prépondérante. La ruine était en fait irrémédiable. Paradoxalement, la survie de Terqa, qui devient capitale régionale après la disparition de Mari, montre que si l'artère économique de l'Euphrate se maintient encore le système de contrôle qui avait assuré la fortune de Mari appartenait au passé.
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