7. La ville des Shakkanakku
À la suite de cette nouvelle rupture, dont ni la durée ni l'intensité ne sont connues, on constate que les nouveaux maîtres de la cité, les Shakkanakku, entreprennent une reconstruction générale : c'est la troisième ville de Mari qui sort alors de terre. On ne saurait dire que c'est la plus belle, mais elle témoigne d'ambitions grandioses.
Dans un premier temps, un nivellement général a été opéré. Le niveau choisi a entraîné l'enterrement du palais de la deuxième cité sur parfois plus de 2 mètres de hauteur ; la même opération d'enfouissement a été réalisée dans le dernier niveau repéré au nord de la future Haute Terrasse, dans l'environnement du Massif rouge et dans le secteur de la voie sacrée qui desservait les temples ; sur le comblement artificiel a été répandue une épaisse couche de gros galets de rivière ; et c'est à partir de ce nivellement général qu'ont été édifiés les bâtiments qui permettent de définir la nouvelle ville.
Les édifices jusqu'ici exhumés et qui appartiennent à cette phase de reconstruction sont ceux qui ont fait la gloire de Mari.
En ce qui concerne l'architecture sacrée, c'est essentiellement la Haute Terrasse – anciennement appelée ziggourat –, étroitement associée sur sa face méridionale au célèbre temple aux Lions : de type allongé, celui-ci atteste l'influence prépondérante de la Syrie septentrionale en matière d'architecture religieuse ; quant aux deux lions de bronze juchés sur un podium, ils semblent émerger du mur à gauche de l'entrée et constituent un décor très particulier qui devait imprégner l'atmosphère du sanctuaire.
Un autre édifice célèbre est le Grand Palais royal fouillé par André Parrot avant la dernière guerre et qui, par sa conservation exceptionnelle et le contenu de ses ruines, a assuré la renommée de Mari. On a d'abord pensé que le dernier roi de Mari, Zimri-Lim, était l'auteur de ce bâtiment. Il n'en est rien et c'est bien l'un ou plusieurs des membres de la dynastie des Shakkanakku qui en sont responsa […]
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