5. La première ville de Mari (XXIXe siècle env.)
C'est ce canal de navigation qui donne la clef de la fondation de la cité : rien d'autre, en effet, ne permet d'expliquer pourquoi dans un milieu subdésertique, hostile, dépourvu de matière première, on aurait à la fois installé un réseau d'irrigation et bâti une ville.
La création d'une ville nouvelle, sans doute vers le xxixe siècle, apparaît donc comme le fruit de la volonté délibérée d'un pouvoir politique qui a aménagé la vallée pour faciliter et pour contrôler le trafic fluvial unissant la Syrie et la Mésopotamie et qui a installé un réseau d'irrigation pour assurer la production des céréales nécessaires à la population.
Au nombre des marchandises qui utilisaient la voie d'eau à cette époque, il faut certainement mettre en premier lieu le bois (surtout le cèdre), coupé dans les montagnes côtières (Liban, Amanus) ou septentrionales (Taurus). Il est vraisemblable, mais nous n'en avons aucune preuve, que les denrées qui formaient l'essentiel du trafic au xviiie siècle, denrées documentées pour l'essentiel par les archives retrouvées dans le palais du début du IIe millénaire, étaient déjà l'objet du commerce pratiqué au début du IIIe millénaire.
La fouille conduite en 1994 à l'emplacement de l'espace central de l'Enceinte sacrée des palais du milieu du IIIe millénaire atteste l'existence d'une importante activité artisanale. Elle a permis d'observer sur une hauteur de près de 4 mètres une succession de strates où l'activité métallurgique était prépondérante. Si les analyses confirment cette identification, il sera nécessaire de voir dans la cité de Mari à ses débuts un important centre métallurgique, placé sur l'axe qui unit le piémont du Taurus, sans doute fournisseur du cuivre, à la région de la Diyala en relation avec le plateau iranien fournisseur potentiel d'étain. C'est peut-être la seconde raison qui explique la création d'une ville dans cette vallée.
Nous ne connaissons pas l'organisation interne de la première cité […]
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