4. Mari dans son cadre et l'aménagement régional
Entre 1980 et 1987, une prospection systématique a été engagée à partir d'Abou-Kémal jusqu'à la confluence de l'Euphrate et du Khabur pour déterminer les traces des occupations anciennes et les vestiges des installations qui avaient été réalisées par les habitants de Mari. Une carte des implantations humaines retrouvées a été dressée, leur chronologie ayant été précisée grâce à un ramassage des tessons de surface ; cette carte comprend aussi le tracé des principaux canaux qui ont joué un rôle essentiel dans la vie du royaume de Mari.
À l'issue de ces recherches, Mari apparaît comme une cité parfaitement intégrée à l'organisation régionale de cette partie de la vallée, depuis la confluence du Khabur jusqu'au verrou formé par les falaises de Baghouz (Abou-Kémal) ; organisation réalisée en tenant compte des impératifs climatiques et géographiques. Les conditions ne sont nullement favorables en effet à une installation humaine d'importance : les chutes de pluie annuelles sont tout à fait insuffisantes (moins de 150 mm), et ne permettent aucune activité agricole sans irrigation, les terres sont trop imprégnées de gypse pour attirer des exploitants habitués à des limons de meilleure qualité. Il a donc fallu d'autres raisons pour amener les hommes à s'établir dans cette région ingrate.
Deux éléments permettent d'expliquer en partie la mise en valeur de la vallée : la confluence du Khabur, à une centaine de kilomètres en amont, qui assure la relation du fleuve avec la plaine du Khabur et au-delà avec le piémont du Taurus, ainsi que la présence de l'Euphrate, qui assure la liaison entre le Levant et la Mésopotamie.
Mais c'est une autre particularité qui explique la fondation de la cité. Dans son parcours syrien, l'Euphrate a creusé sa voie dans le plateau de roches calcaires et gypseuses ; grâce à ses méandres, il a le plus souvent élargi la vallée, où, selon les variations du niveau marin, il a déposé ou enlevé des matériaux détrit […]
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