Religieuse visitandine qui eut, par ses révélations, une grande influence sur la dévotion au Sacré-Cœur. Née à Verosvres, dans le Charolais, où son père était notaire, Marguerite Alacoque entra en 1671 à la Visitation de Paray-le-Monial et y fit profession l'année suivante. En 1673, elle eut ses premières apparitions : le Christ l'instruisait sur sa Passion, lui révélait l'amour de son Cœur, l'invitait à suppléer aux ingratitudes des hommes et lui demanda de faire instituer une fête en l'honneur du Sacré-Cœur, le vendredi après l'octave de la Fête-Dieu. La communauté de la Visitation accueillit sans enthousiasme ces révélations ; les premiers prêtres consultés n'y furent guère favorables, mais, à partir de 1675, Marguerite-Marie reçut l'appui d'un jésuite, le père Claude de La Colombière. La fête du Sacré-Cœur fut célébrée à la Visitation, en 1686, et une chapelle fut aménagée en son honneur en 1688. La dévotion au Sacré-Cœur, qui, propre au xviie siècle, donnait déjà un tour original à la tradition de l'amour pour le Christ, prit, avec Marguerite-Marie, des aspects plus particuliers encore : insistance sur l'expiation, pratique de certaines mortifications, propagation d'un certain dolorisme. Par la suite, les expressions littéraires ou plastiques de la dévotion de Paray-le-Monial revêtirent des aspects parfois étonnants, tandis que s'y mêlaient des courants teintés de politique. Cela explique le succès de cette dévotion dans certains milieux, l'indifférence ou l'opposition auxquelles elle se heurta dans d'autres. Marguerite-Marie fut canonisée en 1920. Sa fête est inscrite, dans le calendrier romain général, au 16 octobre.
Jacques DUBOIS
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