2. Les années Noureev
Margot Fonteyn fait montre d'une remarquable capacité à interpréter les rôles divers ; on peut, sur ce point, la comparer à Karsavina, soliste des Ballets de Diaghilev. C'est précisément Serge de Diaghilev qui lui apprit L'Oiseau de feu et fit l'éloge de sa logique artistique. Margot Fonteyn dansa également pour Leonid Massine Le Tricorne (1947) ; pour Roland Petit, Les Demoiselles de la nuit (1948). À l'automne de 1961, lorsque Rudolf Noureev quitte le théâtre Kirov, Margot Fonteyn le fait inviter au Royal Theater de Londres et devient sa partenaire. En cette décennie, il n'est pas de succès comparable au leur. En 1963, ils donnent à Londres le ballet Marguerite et Armand que Ashton a préparé pour eux à partir de La Dame aux camélias. David Vaughan dit que le pas de deux final était « si cru et si désespéré que l'on était embarrassé d'en être le spectateur ». Noureev est parvenu à libérer Margot Fonteyn de ce qui la retenait encore d'être une parfaite artiste et ce ballet restera pour elle ce que fut La Mort du cygne pour Pavlova. Avec Noureev encore, elle dansa Paradis perdu de Roland Petit et le Lucifer de Martha Graham.
Elle passera la fin de sa vie à soigner son mari Roberto Arias, ambassadeur de Panamá à Londres, devenu infirme à la suite d'un attentat. Et c'est à Panamá que s'éteignit le 21 février 1991 une ballerine idéale, qui savait renoncer à sa virtuosité et danser au-dessous de son registre pour s'intégrer au groupe lorsque l'art l'exigeait, mais qui était aussi capable de montrer une élégante et gracieuse arrogance.
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