5. Bilan et fin de règne
Lors de son troisième mandat (1987-1990), Mrs. Thatcher estime avoir transformé le pays, ramené la croissance et la prospérité, réduit le chômage, mais la médaille a son revers : les inégalités sociales, régionales, professionnelles se sont accentuées et si le Royaume-Uni des « années Thatcher » s'est globalement enrichi, il n'est pas pour autant devenu une nation plus unie et solidaire dans le contexte libre-échangiste, individualiste et communautariste qui caractérise les années 1980. Envisageant un quatrième mandat, elle est acculée à la démission à la fin de novembre 1990, en raison d'une fronde des conservateurs contre l'impopulaire poll tax (taxe locale). Devenue lady Thatcher, siégeant comme baronne à la Chambre des lords, elle crée une fondation portant son nom, publie ses Mémoires et se signale encore par son activité politique et diplomatique – en aidant notamment à la rétrocession de Hong Kong en 1997 – ainsi que par un soutien appuyé à l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet. Toutefois, au-delà des clivages politiques traditionnels, les grandes lignes de son action sont poursuivies par ses successeurs, qu'il s'agisse d'un conservateur (John Major) ou d'un travailliste (Tony Blair).
Très affectée par la mort de son époux Denis (en 2003) puis de son grand ami Ronald Reagan (2004), ainsi que par les démêlés judiciaires de son fils Mark (en 2004-2005), elle n'en demeure pas moins une figure respectée, faute d'être toujours admirée. Honorée d'une statue en bronze à la Chambre des communes – face à celle de Churchill – et reçue en 2007 avec déférence par le nouveau Premier ministre Gordon Brown, Lady Thatcher peut vieillir en toute sérénité.
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