4. La « dame de fer » au pouvoir
La conquête du pouvoir est alors une question de temps. Il s'agit pour Margaret Thatcher de mieux contrôler l'appareil du parti, de soigner son image publique – elle travaille son apparence et sa voix – et d'attendre les fautes des travaillistes, emmenés par Harold Wilson puis par James Callaghan. Ce dernier est confronté pendant l'hiver 1978-1979 à une puissante vague de contestation sociale, ce qui permet à la « dame de fer » de s'ériger en sauveur de la nation, que le chaos menace. Elle remporte les élections générales en mai 1979, devenant alors la première femme Premier ministre en Europe.
La politique est comme une drogue pour Margaret Thatcher, convaincue d'avoir donné au Royaume-Uni « une nouvelle confiance », selon l'expression employée lors de la victoire des Malouines en juin 1982. C'est d'ailleurs lors de cette guerre contre l'Argentine que se forge l'image d'un leader aux accents churchilliens, prêt à défendre un archipel lointain pour l'honneur du drapeau. Femme de caractère, Mrs. Thatcher n'a laissé personne indifférent, tant elle a su jouer de toutes les facettes de son personnage complexe. Ses adversaires l'ont appelée « Attila » ou « That Bloody Woman », ses amis plus familièrement « Maggie ». Les haines farouches qu'elle a pu susciter ne l'ont presque jamais ébranlée et sa fermeté est légendaire. Son obstination face aux grévistes de la faim de l'I.R.A., qui meurent en 1981 sans avoir obtenu le statut de prisonnier politique, aurait bien pu lui coûter la vie trois ans plus tard, lorsqu'une bombe explose au Grand Hôtel de Brighton, en plein congrès du Parti conservateur. Après sa large victoire aux élections de juin 1983, elle défie en 1984-1985 le syndicat des mineurs mené par Arthur Scargill, en se montrant particulièrement inflexible. Son action se concentre en fait sur quatre objectifs principaux : renforcer l'autorité de l'État tout en réduisant son périmètre d'action, revenir aux principes du libéralisme (privatisations, dérégulation), tout en rationalisant les structures héritées du Welfare State, redonner le goût de l'effort et du travail aux Britanniques tout en brisant le pouvoir syndical, asseoir la crédibilité internationale du Royaume par une politique interventionniste (les Malouines), mais aussi par une diplomatie pragmatique (relations privilégiées avec les États-Unis, implication directe dans les affaires du Commonwealth, réduction de la contribution britannique au budget européen).
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