3. À la tête du Parti conservateur
Lorsque Margaret Thatcher est élue à la tête des Tories en février 1975, elle prend les rênes d'une formation déboussolée, qui vient de perdre deux élections générales en février et octobre 1974 et qui peine à définir un programme politique. C'est l'occasion pour le nouveau leader de faire triompher les positions monétaristes du Center for Policy Studies (C.P.S.) de Keith Joseph, son mentor en matière économique. Le C.P.S. (dont elle est la vice-présidente) ne remet pas seulement en cause l'action du gouvernement en place, mais celle des cabinets d'après guerre, accusés d'avoir mené des politiques keynésiennes désastreuses, sources d'inflation. Les pouvoirs publics doivent désormais abandonner l'étatisme et l'objectif du plein-emploi, encourager la liberté du marché et revenir à quelques fonctions essentielles. Lectrice d'Edmund Burke, d'Adam Smith, mais aussi de Karl Popper et des économistes Friedrich von Hayek et Milton Friedman, Mrs. Thatcher n'en reste pas moins hostile aux grandes théories (sinon aux intellectuels), persuadée que le pays peut se relever par des mesures qui combinent autoritarisme et pragmatisme libéral. Dans son autobiographie, elle estime même avoir tout appris dans l'épicerie familiale, notamment pendant la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale. Tout en prônant une rupture néo-libérale en matière économique et sociale, elle affiche des positions conservatrices sur la loi et l'ordre et un patriotisme intransigeant, aux ouvertures plus atlantistes qu'européennes. Le journal de l'armée soviétique L'Étoile rouge lui attribue en 1976 le surnom de « dame de fer », si souvent repris par les médias dans les années 1980.
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