Cette soprano galloise applaudie en Cherubino des Noces de Figaro de Mozart dès 1964 n'aurait-elle chanté que Schubert qu'elle aurait sa place au firmament des cantatrices d'exception. La pureté de son timbre et celle de son legato suffiraient à la rendre inoubliable. À l'opéra, toutefois, son art n'est pas moins raffiné. À Londres, elle aura été, avec Pamina (La Flûte enchantée), la Comtesse Almaviva (Les Noces de Figaro), Donna Anna (Don Giovanni), Fiordiligi (Così fan tutte), une mozartienne en constant état de grâce. L'Allemagne et Vienne ne s'y tromperont pas, et Paris ne la laissera pas lui échapper. Elle y offrira son incandescente Comtesse des Noces, une superbe Fiordiligi ainsi qu'une très noble Donna Anna. On gardera par ailleurs le souvenir d'une Desdemona d'Otello d'une candeur et d'une aura véritablement poignantes. Technique vocale maîtrisée, aigus sans vibrato mais exempts de fixité, étoffe moirée et souffle inépuisable lui permettront ensuite d'affronter Elisabetta (Don Carlo de Verdi) aussi bien que les rôles-titres de Norma, ou d'Ariane à Naxos de Richard Strauss, sans oublier un Tristan et Isolde de rêve enregistré au début des années 1980 avec Carlos Kleiber à la tête de la Staatskapelle de Dresde. Margaret Berenice Price est née à Blackwood, dans le Monmouthshire (aujourd'hui Gwent), le 13 avril 1941.
Jean CABOURG
Retour en haut



