BOUTIQUECONTACTASSISTANCE
Zone de recherche

AltasAuteursRecherche thématiqueDictionnaire

MARDUK ou MARDOUK

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

 

Le dieu le plus important du panthéon babylonien, à partir du ~ xiie siècle. C'est, dans la théologie classique, le fils d'Enki-Ea, le dieu de la sagesse, dont il a hérité la science, la magie et une grande compassion pour l'humanité.

À l'origine, Marduk n'était qu'un dieu, agraire sans doute, de BabylonePrêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et Nabu, dont le culte ne paraît pas avoir dépassé la notoriété locale. Il y occupait l'Esagil, la « maison à la tête élevée », que flanquait la tour à étages, la tour de Babel : l'Etemenanki, la « maison-fondement du ciel et de la terre ». Il ne devint divinité nationale que sous Nabuchodonosor Ier (~ 1124-~ 1103), après le retentissant succès remporté sur les Élamites, qui rendirent aux Babyloniens la statue du dieu qu'ils avaient précédemment enlevée.

Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et NabuDiaporama

Prêtre en prière devant les symboles des dieux Marduk et NabuLe temple consacré à Nabu, dieu de l’écriture et des scribes et…

Crédits: E. Lessing/ AKG Consulter

Cet événement donna lieu à une floraison littéraire, dans laquelle on trouve le Poème de la Création, rédigé pour expliquer mythiquement comment les dieux ont abandonné la première place à Marduk. Celui-ci y apparaît comme le créateur du cosmos et l'initiateur de l'existence de l'homme. Puis les scribes du cercle de l'Esagil favorisent une tendance, d'ailleurs générale, à l'énothéisme, en concevant chaque divinité comme un aspect de leur dieu (Sin, le dieu-Lune, était Marduk quand il illuminait les cieux, etc.), mais ils ne purent éliminer les grandes divinités poliades des métropoles babyloniennes.

Marduk, pourtant, absorbe presque complètement la personnalité d'Enlil, de Nippur, comme représentant le pouvoir divin suprême et actif ; et le même nombre 50 les désigne l'un et l'autre ; il s'ensuit une cristallisation, autour de Marduk, de nombreuses épithètes glorifiant sa puissance. Son animal est le dragonTête de dragon, art assyro-babylonien ; sa planète, Jupiter ; son symbole, la houe, dernière trace de son caractère primitif. Son fils est Nabu, dieu de l'écriture ; à basse époque, ce dernier finit par concurrencer son père, que l'on appelle désormais simplement Bel (le « Seigneur »).

Tête de dragon, art assyro-babylonienPhotographie

Tête de dragon, art assyro-babylonienLe dragon est le symbole du dieu Marduk, le dieu le plus important du panthéon assyro-babylonien. Bronze. Vers 800-600 avant J.-C. Musée du Louvre, Paris.

Crédits: The Bridgeman Art Library/ Getty Consulter

Lorsque les Assyriens eurent contact avec la Babylonie, ils manifestèrent le plus vif intérêt pour Marduk. Une seule tentative, due à Nabonide, roi de Babylone, de ~ 556 à ~ 539, chercha à faire reculer le culte du dieu, au profit de Sin, mais elle tourna court devant l'hostilité des Babyloniens et à cause de la mort du roi, défait par le Perse Cyrus ; et le triomphe de Marduk se prolongea jusqu'à l'extinction de sa ville, où Antiochus Ier construisit encore pour lui, à l'époque hellénistique.

Daniel ARNAUD

Pour citer cet article

ARNAUD, « MARDUK ou MARDOUK  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/marduk-mardouk/

Classification thématique de cet article :

 

Offre essai 7 jours

« MARDUK ou MARDOUK » est également traité dans :

AKITU

Écrit par :  Daniel ARNAUD

Mot qui désigne, dans la civilisation assyro-babylonienne, à la fois une des plus importantes fêtes du calendrier liturgique et civil et, en même temps, le temple où une part essentielle du rituel se déroulait. Peu de textes nous en transmettent le récit ; encore sont-ils lacuneux et souvent, volontairement ou non, obscurs. Il n'est pas sûr, d'… Lire la suite
ASSYRO-BABYLONIENNE RELIGION

Écrit par :  René LARGEMENT

Dans le chapitre "Les divinités"  : …  Lorsque Assur et Babylone devinrent capitales, leurs dieux propres, Assur pour l'Assyrie et Marduk pour la Babylonie, accédèrent au sommet du panthéon ; par opposition aux dieux du désordre dont sont issus le ciel, l'atmosphère et les eaux, ils sont considérés comme les dieux de l'ordre, dompteurs des éléments dont ils… Lire la suite
BABYLONE

Écrit par :  Guillaume CARDASCIAGilbert LAFFORGUE

Dans le chapitre "La dynastie chaldéenne (627-539), les splendeurs de Babylone"  : …  une petite partie semble avoir constitué les « jardins suspendus ». Au cœur de la cité s'élevaient le temple de Mardouk (85 m × 80 m), l'E.SAG. IL (« Maison à tête haute », en sumérien) et sa ziggourat (91 m à la base et autant de haut), l'E.TEMEN. AN.KI (« Maison fondement du ciel et de la terre »), qui est peut-être la tour de Babel. Une voie… Lire la suite
CRÉATION POÈME DE LA

Écrit par :  Daniel ARNAUD

Nommé par les Modernes Poème de la création, ce texte babylonien (que les Anciens appelaient par son incipit : Lorsque en haut... ) raconte à la suite de quelles dramatiques circonstances Marduk devint, avec l'assentiment des autres dieux, la divinité suprême de Babylonie. Les sept… Lire la suite
ENLIL

Écrit par :  Daniel ARNAUD

Un des trois dieux, avec Anu et Éa, de la triade suprême suméro-akkadienne. Son nom, le « Seigneur-souffle » en sumérien, indique quel est son empire : la terre ferme. Dans la théologie classique, il vient immédiatement après Anu, le dieu du ciel, et précède Ea, le dieu des eaux profondes, avec le nombre 50, intermédiaire… Lire la suite
ÉRA ou ERRA POÈME D'

Écrit par :  Daniel ARNAUD

Poème babylonien qui doit son titre au nom de son protagoniste, le dieu de la Peste et de la Guerre. Le poème d'Éra raconte, en quelque sept cent cinquante vers, la destruction et la restauration de la Babylonie : les Sept, divinités guerrières, excitent leur maître Éra, qui y est déjà enclin, à attaquer les hommes, coupables d'être trop bruyants,… Lire la suite
MÉSOPOTAMIE - La religion

Écrit par :  Jean BOTTEROJean-Jacques GLASSNER

Dans le chapitre "L'idéologie et les mythes"  : …  et les détails de la création des hommes. Et, lorsque Babylone a voulu, peu avant 1100, promouvoir son dieu Marduk à la tête de l'univers, ses théologiens ont écrit, dans ce but, une vaste et fameuse composition mythologique : l'« Épopée de la Création », qui embrasse toute l'histoire du cosmos, théogonie, cosmogonie et… Lire la suite
MÉSOPOTAMIE - Les mathématiques

Écrit par :  Christine PROUST

Dans le chapitre "Les époques achéménide et hellénistique"  : …  ’astronomie d’observation apparaît vers le viie siècle avant notre ère avec la mise en place dans le temple de Marduk à Babylone d’un programme d’observation systématique et quotidien des positions des planètes et de la Lune, programme qui devait perdurer de façon continue pendant presque sept… Lire la suite
NABONIDE, roi de Babylone (-555--539)

Écrit par :  Valentin NIKIPROWETZKY

Dernier souverain de l'empire néo-babylonien. L'accession de Nabonide au trône de Babylone marque le terme des sanglants épisodes auxquels donne lieu la succession dynastique de Nabuchodonosor. Deux ans après la mort du Grand Roi en ~ 561, son fils Awêl-Marduk est assassiné par son beau-frère Neriglissar. L'usurpateur meurt… Lire la suite
NABU

Écrit par :  Daniel ARNAUD

Dieu assyro-babylonien de la sagesse et de l'art d'écrire. Fils de Marduk, dieu devenu national, Nabu partage son destin ; on les associe étroitement à partir du ~ IIe millénaire. Sa ville, Borsippa, est peu éloignée de la capitale, dont le temple… Lire la suite
PALMYRE

Écrit par :  E.U.André LARONDE

Dans le chapitre "La civilisation palmyrénienne"  : …  Les sanctuaires élevés à la même époque font beaucoup plus appel au fonds indigène et à l'influence mésopotamienne. La divinité la plus importante, Bêl, qui a emprunté son nom au grand dieu de Babylone, est en fait une divinité autochtone, Bôl, qu'il faut rapprocher des Baal phéniciens. En tout cas,… Lire la suite

Afficher la liste complète (11 références)

 

Accueil - Contact - Mentions légales
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter le dictionnaire de l'Encyclopædia Universalis
© 2017, Encyclopædia Universalis France. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.