Leader d'un des mouvements noirs les plus déterminants du début du xxe siècle, tant aux Amériques — États-Unis et Caraïbes notamment — qu'en Afrique et en Europe, à l'époque de la Black Renaissance et des débuts du panafricanisme, le Jamaïcain Marcus Garvey fut qualifié par certains de ses biographes de « Black Moses » (Moïse noir).
Marcus Moziah Garvey naquit en 1887 à Saint Ann's Bay, petit village de pêcheurs de la Jamaïque, alors colonie britannique. Son père, tailleur de pierre, lui transmit sa passion pour les livres et la presse, avant de l'envoyer en apprentissage dans une imprimerie de Kingston, capitale de l'île. À dix-huit ans, Marcus Garvey était devenu maître typographe lorsque de violents troubles sociaux et de durables mouvements de grève auxquels il s'associa éclatèrent, ce qui lui valut la perte de son emploi. En 1910, le jeune Garvey créait son premier mais éphémère journal, le Garvey's Watchman. En cette période de crise sociale dans la région des Caraïbes, d'intenses mouvements migratoires vers les zones d'emploi, créées notamment par l'exploitation des hydrocarbures au Venezuela, aux États-Unis et à Trinité, et les plantati […]
