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MARCOUSSIS LOUIS CASIMIR LADISLAS MARKOUS dit (1878-1941)

Né dans une riche famille bourgeoise cultivée de Varsovie, Louis Markous préfère le dessin aux études de droit : il part en 1901 étudier la peinture à l'Académie des beaux-arts de Cracovie, où la vie artistique est très ouverte à la culture française. Puis il vient s'installer à Paris en 1903, où il fréquente quelques mois l'académie Julian.

D'abord attiré par l'impressionnisme et intéressé par les œuvres de Cézanne et de Seurat, il peint d'une manière imprégnée de fauvisme, qu'il abandonne par nécessité de subvenir à ses besoins, en publiant des caricatures dans des journaux humoristiques. Ami des poètes et des peintres de Montmartre, il se remet en 1911 à la peinture, s'attachant à un cubisme strict (Nature morte au damier, Musée national d'art moderne, Paris), sous le pseudonyme de Marcoussis, suggéré par Apollinaire. Il devient aussi l'un des premiers graveurs cubistes, exposant sept pointes sèches (La Belle Martiniquaise, Apollinaire) au Salon de la Section d'or, en 1912. Mais Marcoussis se refuse au cubisme hermétique, qui dissèque trop l'objet, préférant ramener les formes à des volumes et à des jeux de lumière colorés. En compagnie de sa femme, sa compatriote Alice Halicka, peintre comme lui, il mène une vie artistique et mondaine intense dans les milieux intellectuels parisiens d'avant-guerre.

Entre 1919 et 1928, il s'intéresse aux possibilités lumineuses des fixés sous verre, il en réalisera une centaine, restant fidèle à l'esthétique cubiste (Nature morte à la palette, Kunstmuseum, Bâle), comme dans ses toiles et ses gravures de la même période (Cithare et coquillage, cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale, Paris). En 1927, délaissant passagèrement le cubisme, Marcoussis exécute en Bretagne une série de peintures naïves proches du surréalisme (Kérity, Musée national d'art moderne, Paris). De 1930 à 1940, il confirme surtout ses dons exceptionnels d'aquafortiste : illustrations d'ouvrages (Aurélia de Nerval, Alcools d'Apollinaire, Monsieur Godeau de Jouhandeau) et une centaine de portraits gravés de ses amis, aristocrates, musiciens, peintres, poètes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est réfugié à Cusset (Allier) où il meurt, après avoir achevé un remarquable recueil de gravures sur cuivre, Devins.

Jean-Marie MARQUIS

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Écrit par :  Michel MELOT

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