2. Le Livre de Marco Polo
Le manuscrit original du Livre de Marco Polo est perdu, mais il reste un grand nombre de textes anciens en langues romanes, connus sous les titres de Le Devisement du Monde, Le Livre des Merveilles du Monde, Il Milione. Au xxe siècle, la découverte d'une version plus longue mais dûment authentifiée – version dite de Ramusio – a donné un nouvel essor aux études sur Marco Polo.
Le Livre de Marco Polo se divise en trois parties : le voyage d'aller par l'Asie Mineure et l'Asie centrale avec de brèves descriptions des villes et des caractéristiques de leurs habitants ; le séjour dans l'empire mongol des Yuan, qui donne lieu à de longs développements ; le voyage de retour par les mers du Sud et l'Inde, avec des digressions sur le Japon et les côtes africaines. Marco Polo ne cherche pas à présenter une géographie de l'Asie, mais à raconter ce qu'il a vu ou entendu dire d'intéressant. Il se passionne pour la faune des pays qu'il traverse, relevant l'existence des animaux inconnus ou étranges, et faisant une description très détaillée et vivante des chasses mirifiques de l'empereur Qubilai. Il dépeint longuement les villes et leur architecture : Bagdad, Pékin et surtout Hangzhou, l'ancienne capitale des Song, avec ses palais et ses maisons, ses temples et ses tombeaux, ses routes, ses canaux et ses ponts. Pourtant, plus qu'aux objets sa curiosité va aux hommes et à leurs civilisations. Il ne manque jamais de préciser la religion, l'appartenance politique, la langue, les coutumes et les activités essentielles des populations qu'il rencontre. Comme pour tout chrétien du Moyen Âge, les problèmes religieux sont fondamentaux. Marco Polo s'étonne de la diversité des croyances et de la profonde tolérance qui règne dans l'empire mongol : autour du palais impérial se dressent temples bouddhiques, monastères taoïques, églises nestoriennes (plus tard la cathédrale catholique), temples manichéens, lamaïques qui, tous à égalité, essaient de s'atti […]
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